L’histoire du Cntpa
18 août 1992 - L’origine
L’histoire démarre en 1992 lorsque le Gouvernement veut modifier la loi du 6 septembre 1947…
Avant 1992 dans les ports français, le statut principal des dockers est précaire. Ils sont embauchés en tant qu’ouvrier occasionnel, sous contrat à durée déterminée d’usage constant. En juin 1992, la loi Le Drian vise à mensualiser la profession.
Le 18 juin, Bernard Gouvart, alors docker contremaître et délégué dans le bureau syndical, décide, avec quelques camarades, de mettre en place une nouvelle organisation syndicale dissidente de la CGT (organisation majoritaire à l’époque).
Le lendemain, le 19 juin 1992, il dépose les statuts. Le même jour, dans l’après-midi, le nouveau bureau se rend à une assemblée générale organisée dans les bâtiments du Port autonome de Dunkerque. Le Bureau central de la main d’œuvre (BCMO) étant fermé à la suite des évènements liés à la réforme portuaire, il n’y a plus d’embauches.
Le 20 juin, une délégation patronale se réunie au « Crayhof », à Cappelle-la-Grande. L’objectif : décider comment poursuivre l’activité avec l’embauche de main d’œuvre docker.
Le 22 juin, l’équipe se présente pour la journée de travail, mais des irréductibles les empêchent de prendre leur fonction. Face à la gravité de la situation, les pouvoirs publics décident de mettre en place des cordons de CRS, afin de faciliter l’accès à leurs postes.
Le 24 juin, le récépissé officiel de la création de la nouvelle organisation syndicale est reçu. La CSOPM (Chambre syndicale des ouvriers du port mensuels) est née.
En parallèle débutent d’interminables journées de négociations entre les représentants de la CSOPM et le patronat, chacune des deux parties voulant sortir unique vainqueur du conflit.Mais la principale inquiétude demeure le blocage de l’activité portuaire. Les négociations avec le patronat débouchent sur un premier projet d’accord de mensualisation des dockers de Dunkerque.
Dix-huit jours de discussions sont nécessaires pour trouver un accord acceptable par toutes les parties. Il est signé le 10 juillet 1992. La mensualisation est mise en place le 21 juillet 1992.
11 août 1992 - L’alliance entre Dunkerque et Saint-Nazaire
Les dockers des ports de Dunkerque et Saint-Nazaire partagent une histoire commune.
En août 1992, Bernard Gouvart et son équipe rencontrent les dockers de Saint-Nazaire qui sont représentés par Gilles Denigot. Ils partagent une histoire commune. Les dockers de Saint-Nazaire prennent également leur indépendance la même année. Le 11 août 1992, la CSOPM devient CSOPMI, le « i » incluant les intermittents.
12 octobre 2000 - De la CSOPMI à la CNTPA
En octobre 2000, la CNTPA est créée. Mais le syndicat doit faire face à un drame quatre ans plus tard…
En octobre 2000, la Coordination nationale des travailleurs portuaires et assimilés (CNTPA) est créée. Les statuts sont signés à Saint-Nazaire, le 12 octobre 2000 par les deux coprésidents Bernard Gouvart et Gilles Denigot.
Ce n’est qu’en octobre 2003 que la coordination nationale obtiendra sa représentativité, suite à une décision du Ministère des Affaires Sociales du Travail et de la Solidarité.
L’objectif de la CNTPA est clair : le syndicat n’a pas une vocation « concurrentielle ». Son principal objectif est d’instaurer la pluralité syndicale dans la branche.
Le 11 février 2004, la CNTPA accuse la disparition brutale de son représentant, Bernard Gouvart. Un événement dramatique pour le syndicat.
Le 27 novembre 2004, à l’occasion du 3ème congrès, Franck Gonsse, jeune docker et secrétaire à l’organisation syndicale, lui succède en qualité de coprésident aux côtés de Patrick Bazin, secrétaire général de la section de Saint-Nazaire.
Depuis décembre 2004, la CNTPA siège au sein de la Fédération internationale et européenne des ouvriers des transports, ITF & ETF. Franck Gonsse, secrétaire général national de la CNTPA, y représente la section dockers pour la France.La CNTPA est présente dans toutes les instances nationales : UNIM (Union nationale des industries de la manutention), OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés) et UPF (Union des ports de France). Elle développe son champ d’actions dans l’intérêt de tous les travailleurs portuaires et assimilés.
Le syndicat garantie la liberté de toutes les sections qui le compose, en refusant les structures hyper rigides et verticales qui musèlent souvent l’expression des minorités.
2008 à 2011 - De 2008 à 2011 : la réforme Port et Manutention
En 2011, la CNTPA participe à la négociation de la réforme Port et Manutention. Elle s’affiche comme une nouvelle offre syndicale ancrée dans un dialogue social.
Entre 2008 et 2011, la CNTPA est active et poursuit un dialogue social. Lequel aboutit à la fusion des deux conventions collectives : celle de la manutention et celle des grands ports maritimes. Elle signe cette Convention collective nationale unifiée (CCNU) en avril 2011.
Mais, à la suite d’une action des autres associations syndicales, la CNTPA est expulsée des négociations.
Un travail de 9 mois (octobre 2011 à avril 2012) est alors nécessaire pour qu’elle retrouve sa légitimité dans la branche « Ports et docks ». La représentativité du syndicat est validée en avril 2012 par le Ministre du Travail et de l’Environnement, Xavier Bertrand.La CNTPA ne représente pas uniquement les dockers, mais bien l’ensemble des travailleurs portuaires et assimilés inclus dans la Convention collective nationale unifiée. Elle s’affiche comme une nouvelle offre syndicale, ancrée dans le dialogue social.
En août 2013, la CNTPA se voit toutefois privée une nouvelle fois de sa représentativité, les suffrages de la section CNTPA Marseille n’ayant pas été pris en compte. (7,6% de représentativité sont retenus au lieu des 10% dans la branche.) Soucieuse de ne pas perdre cette obligation réglementaire, elle décide de s’affilier à la CFDT en décembre 2013.
Décembre 2013 - L’affiliation à la CFDT
En décembre 2013, en s’affiliant à la CFDT, la CNTPA devient un syndicat national professionnel appelé le CNTPA- CFDT.
Actuellement, le CNTPA-CFDT représente plus d’un millier d’adhérents répartis en métropole et dans les DOM-TOM. Les challenges à venir pour les professions portuaires et le syndicat se déclinent sous plusieurs formes économiques, environnementales et sociales :
• le maintien et le développement de l’emploi,
• la réussite des projets stratégiques,
• le retour de l’investissement de la force public pour le développement des ports,
• la transition vers les ports connectés et l’automatisation des conditions de travail,
• la mise en place de conditions favorisant le développement durable et la protection de l’environnement,
• L’évolution des outillages avec l’arrivée du numérique dans le métier.
Juin 2022 - Les 30 ans !
Alors que Dunkerque et Saint-Nazaire ont fêté en 2017 les 25 ans de leur section respective, les deux branches-mères du CNTPA-CFDT ont fêté les 30 ans de la CNTPA et du CNTPA-CFDT en juin 2022. A cette occasion, la CNTPA a fêté ses 30 ans et a fait témoigner 30 intervenants, 30 témoins de la réforme et du devenir et de l’évolution des ports où elle est représentée.
- 18 août 1992
- 11 août 1992
- 12 octobre 2000
- 2008 à 2011
- Décembre 2013
- Juin 2022
L’origine
L’histoire démarre en 1992 lorsque le Gouvernement veut modifier la loi du 6 septembre 1947…
Avant 1992 dans les ports français, le statut principal des dockers est précaire. Ils sont embauchés en tant qu’ouvrier occasionnel, sous contrat à durée déterminée d’usage constant. En juin 1992, la loi Le Drian vise à mensualiser la profession.
Le 18 juin, Bernard Gouvart, alors docker contremaître et délégué dans le bureau syndical, décide, avec quelques camarades, de mettre en place une nouvelle organisation syndicale dissidente de la CGT (organisation majoritaire à l’époque).
Le lendemain, le 19 juin 1992, il dépose les statuts. Le même jour, dans l’après-midi, le nouveau bureau se rend à une assemblée générale organisée dans les bâtiments du Port autonome de Dunkerque. Le Bureau central de la main d’œuvre (BCMO) étant fermé à la suite des évènements liés à la réforme portuaire, il n’y a plus d’embauches.
Le 20 juin, une délégation patronale se réunie au « Crayhof », à Cappelle-la-Grande. L’objectif : décider comment poursuivre l’activité avec l’embauche de main d’œuvre docker.
Le 22 juin, l’équipe se présente pour la journée de travail, mais des irréductibles les empêchent de prendre leur fonction. Face à la gravité de la situation, les pouvoirs publics décident de mettre en place des cordons de CRS, afin de faciliter l’accès à leurs postes.
Le 24 juin, le récépissé officiel de la création de la nouvelle organisation syndicale est reçu. La CSOPM (Chambre syndicale des ouvriers du port mensuels) est née.
En parallèle débutent d’interminables journées de négociations entre les représentants de la CSOPM et le patronat, chacune des deux parties voulant sortir unique vainqueur du conflit.Mais la principale inquiétude demeure le blocage de l’activité portuaire. Les négociations avec le patronat débouchent sur un premier projet d’accord de mensualisation des dockers de Dunkerque.
Dix-huit jours de discussions sont nécessaires pour trouver un accord acceptable par toutes les parties. Il est signé le 10 juillet 1992. La mensualisation est mise en place le 21 juillet 1992.L’alliance entre Dunkerque et Saint-Nazaire
Les dockers des ports de Dunkerque et Saint-Nazaire partagent une histoire commune.
En août 1992, Bernard Gouvart et son équipe rencontrent les dockers de Saint-Nazaire qui sont représentés par Gilles Denigot. Ils partagent une histoire commune. Les dockers de Saint-Nazaire prennent également leur indépendance la même année. Le 11 août 1992, la CSOPM devient CSOPMI, le « i » incluant les intermittents.De la CSOPMI à la CNTPA
En octobre 2000, la CNTPA est créée. Mais le syndicat doit faire face à un drame quatre ans plus tard…
En octobre 2000, la Coordination nationale des travailleurs portuaires et assimilés (CNTPA) est créée. Les statuts sont signés à Saint-Nazaire, le 12 octobre 2000 par les deux coprésidents Bernard Gouvart et Gilles Denigot.
Ce n’est qu’en octobre 2003 que la coordination nationale obtiendra sa représentativité, suite à une décision du Ministère des Affaires Sociales du Travail et de la Solidarité.
L’objectif de la CNTPA est clair : le syndicat n’a pas une vocation « concurrentielle ». Son principal objectif est d’instaurer la pluralité syndicale dans la branche.
Le 11 février 2004, la CNTPA accuse la disparition brutale de son représentant, Bernard Gouvart. Un événement dramatique pour le syndicat.
Le 27 novembre 2004, à l’occasion du 3ème congrès, Franck Gonsse, jeune docker et secrétaire à l’organisation syndicale, lui succède en qualité de coprésident aux côtés de Patrick Bazin, secrétaire général de la section de Saint-Nazaire.
Depuis décembre 2004, la CNTPA siège au sein de la Fédération internationale et européenne des ouvriers des transports, ITF & ETF. Franck Gonsse, secrétaire général national de la CNTPA, y représente la section dockers pour la France.La CNTPA est présente dans toutes les instances nationales : UNIM (Union nationale des industries de la manutention), OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés) et UPF (Union des ports de France). Elle développe son champ d’actions dans l’intérêt de tous les travailleurs portuaires et assimilés.
Le syndicat garantie la liberté de toutes les sections qui le compose, en refusant les structures hyper rigides et verticales qui musèlent souvent l’expression des minorités.De 2008 à 2011 : la réforme Port et Manutention
En 2011, la CNTPA participe à la négociation de la réforme Port et Manutention. Elle s’affiche comme une nouvelle offre syndicale ancrée dans un dialogue social.
Entre 2008 et 2011, la CNTPA est active et poursuit un dialogue social. Lequel aboutit à la fusion des deux conventions collectives : celle de la manutention et celle des grands ports maritimes. Elle signe cette Convention collective nationale unifiée (CCNU) en avril 2011.
Mais, à la suite d’une action des autres associations syndicales, la CNTPA est expulsée des négociations.
Un travail de 9 mois (octobre 2011 à avril 2012) est alors nécessaire pour qu’elle retrouve sa légitimité dans la branche « Ports et docks ». La représentativité du syndicat est validée en avril 2012 par le Ministre du Travail et de l’Environnement, Xavier Bertrand.La CNTPA ne représente pas uniquement les dockers, mais bien l’ensemble des travailleurs portuaires et assimilés inclus dans la Convention collective nationale unifiée. Elle s’affiche comme une nouvelle offre syndicale, ancrée dans le dialogue social.
En août 2013, la CNTPA se voit toutefois privée une nouvelle fois de sa représentativité, les suffrages de la section CNTPA Marseille n’ayant pas été pris en compte. (7,6% de représentativité sont retenus au lieu des 10% dans la branche.) Soucieuse de ne pas perdre cette obligation réglementaire, elle décide de s’affilier à la CFDT en décembre 2013.L’affiliation à la CFDT
En décembre 2013, en s’affiliant à la CFDT, la CNTPA devient un syndicat national professionnel appelé le CNTPA- CFDT.
Actuellement, le CNTPA-CFDT représente plus d’un millier d’adhérents répartis en métropole et dans les DOM-TOM. Les challenges à venir pour les professions portuaires et le syndicat se déclinent sous plusieurs formes économiques, environnementales et sociales :
• le maintien et le développement de l’emploi,
• la réussite des projets stratégiques,
• le retour de l’investissement de la force public pour le développement des ports,
• la transition vers les ports connectés et l’automatisation des conditions de travail,
• la mise en place de conditions favorisant le développement durable et la protection de l’environnement,
• L’évolution des outillages avec l’arrivée du numérique dans le métier.Les 30 ans !
Alors que Dunkerque et Saint-Nazaire ont fêté en 2017 les 25 ans de leur section respective, les deux branches-mères du CNTPA-CFDT ont fêté les 30 ans de la CNTPA et du CNTPA-CFDT en juin 2022. A cette occasion, la CNTPA a fêté ses 30 ans et a fait témoigner 30 intervenants, 30 témoins de la réforme et du devenir et de l’évolution des ports où elle est représentée.
