La compagnie danoise DFDS est l’un des principaux opérateurs du trafic transmanche depuis les ports de Dunkerque et de Calais. En janvier 2026, elle a accueilli un nouveau directeur général pour la France en la personne de Rémi Liger-Belair. L’occasion de revenir sur l’actualité de la compagnie mais aussi sur ses ambitions de décarboner le trafic maritime dans le détroit du Pas-de-Calais.
Installé à Dieppe au siège français de la compagnie DFDS, Rémi Liger Belair s’est rendu sur les installations du terminal transmanche du port de Dunkerque en mars dernier. Une première visite pour celui qui a longtemps travaillé à Marseille au sein de la compagnie française CMA-CGM, l’un des leaders mondiaux du transport de conteneurs. DFDS est le seul opérateur pour le trafic transmanche à Dunkerque, depuis un retour gagnant il y a 25 ans. Il est l’un des trois, avec les compagnies P&O et Irish Ferries, à Calais. Même si Calais reste le port privilégié pour le transmanche, Dunkerque a su tirer son épingle du jeu et affiche même une belle croissance, comme le rappelle Rémi Liger-Belair : «Dunkerque n’a pas à rougir de sa volumétrie. Nous proposons douze départs par jour. Certes, la traversée est plus longue mais il y a beaucoup moins d’affluence au port de Dunkerque car nous sommes le seul opérateur. Les procédures d’embarquement sont fluides et l’attente avant embarquement moins longue. Finalement, pour l’attractivité, Dunkerque fait jeu égal avec Calais».
Bientôt un nouveau terminal
Cette attractivité dunkerquoise va encore se renforcer avec l’ouverture imminente d’un nouveau terminal de ferroutage qui va per mettre de faire venir des remorques non accompagnées par train jusqu’au pied du terminal transmanche. Depuis l’Italie, dans un premier temps, puis depuis l’Allemagne et même la Pologne. «Le transport par rail sur de longues distances est à la fois vertueux et économiquement rentable. A l’heure où, dans le bilan carbone des entreprises, le transport des marchandises entre en ligne de compte, il est certain que la possibilité d’utiliser le rail jusqu’à Dunkerque, peut nous apporter de nouveaux clients. C’est en tout cas un service que nous allons promouvoir et en faire une source d’attractivité pour notre liaison transmanche depuis Dunkerque», souligne Rémi Liger-Belair.
Répondre à un besoin
En 2021, à la faveur du Brexit, DFDS a fait le pari d’ouvrir une nouvelle ligne entre Dunkerque et le port de Rosslare en République d’Irlande. Une croisière de 23 heures dont l’intérêt principal est de rester au sein de l’Union européenne tout le long du trajet et éviter ainsi des formalités administratives et douanières beaucoup plus lourdes en passant par la Grande-Bretagne. Prudemment lancée avec deux départs par semaine, la ligne a rapidement trouvé son public. Désormais, ce sont cinq départs par semaine qui sont proposés, au fret comme aux touristes. Et DFDS vient d’annoncer l’arrivée d’un troisième navire à compter de septembre 2026 pour pouvoir proposer un départ chaque jour de la semaine. «Nous sommes clairement venus répondre à un besoin, notamment pour les transporteurs des Hauts-de-France mais aussi d’Île-de France, du Grand Est et d’Europe de l’Est qui sont nos principaux clients». Désormais, c’est le port de Rosyth en Ecosse qui est dans le viseur de DFDS.
Un projet d’ouverture de ligne depuis le port de Dunkerque est toujours en réflexion ; pour le moment freiné par des problématiques logistique, administrative et réglementaire. Toutefois, l’annonce par le port de Rosyth d’investir prochainement trois millions de livres pour améliorer l’état de ses installations, «va dans le bon sens», commente Rémi Liger-Bilair. Il y a un peu plus de deux ans, DFDS annonçait en grandes pompes son ambition d’atteindre la neutralité carbone pour 2050 au plus tard. «C’est toujours d’actualité», confirme son directeur général France, «notamment dans le détroit du Pas-de-Calais où nous avons un gros projet d’électrification de nos navires sur la ligne entre Calais et Douvres». Elle permet un rechargement de batterie pendant les 45 minutes d’escale toutes les heures et demi de traversée. «Notre service de R&D tra vaille actuellement sur le meilleur design de navire électrifié. Il nous faut chercher la taille de batterie la plus adaptée tout en préservant nos capacités de transport. Dans l’idéal, nous aimerions que les trois navires de la ligne Calais-Douvres soient électrifiés d’ici le début des années 2030», conclut Rémi Liger-Belair.
Article de La Gazette Nord – Pas-de-Calais du 15 avril 2026

