Vendues avec un packaging différenciant, les bananes de Guadeloupe et de Martinique parviennent à mieux valoriser leur production sur un marché très concurrentiel. Les lois Egalim poussent aussi les ventes en restauration.
Il y a quelque chose de l’esprit village gaulois. Plus de dix ans après le lancement de la marque La Banane Française et l’invention d’une nouvelle manière de vendre le fruit préféré des Français – au doigt et plus au kilo -, la filière a réussi son pari de se sortir de l’étau de la concurrence étrangère, tout en valorisant mieux sa production.
« Les volumes de cette segmentation ont augmenté en 2025 de manière importante, puisqu’on est passé de 39.000 tonnes en 2024 à 44.000 tonnes l’année dernière », se félicite Pierre Monteux, directeur général de l’Union des producteurs (UGPBAN). Cela représente près d’un quart de la production de bananes françaises vendues en France, 180.000 tonnes l’an dernier. L’objectif est de monter à plus de 50.000 tonnes vendues sous cette marque.
Une valorisation un tiers plus élevée
Après avoir embarqué les trois principaux distributeurs indépendants (E.Leclerc, Intermarché, Système U), L’UGPBAN vient de trouver un accord pour intégrer les étals de Carrefour. La marque est aussi portée par le développement des réseaux spécialisés, notamment Grand Frais, qui représente aujourd’hui à lui seul 15.000 tonnes de bananes sous marque La Banane Française, soit la moitié de ses approvisionnements.
Avec ce ruban bleu-blanc-rouge facilement reconnaissable, la banane antillaise est vendue par mains de 3 à 6 fruits, au prix de 50 centimes pièce, soit environ 2,5 euros le kilo. Au-dessus du prix du marché, à 1,90 euro le kilo. « La valorisation est 33 % plus importante. Les producteurs sont payés 1.000 euros la tonne, contre environ 750 euros pour le vrac », souligne Jean-Claude Marraud des Grottes, président du groupement martiniquais Banamart.
Pour accompagner ce développement, l’UGPBAN a investi plus de 2 millions d’euros à Dunkerque afin d’installer deux nouvelles lignes de conditionnement, une inaugurée en fin d’année dernière, l’autre qui devrait être opérationnelle à la rentrée 2026. Entre 60 et 70 salariés supplémentaires devraient également être recrutés sur le site.
Article complet du journal Les Echos du 24 février 2026 : https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/comment-la-banane-francaise-est-parvenue-a-se-differencier-pour-resister-a-la-concurrence-2217666

